La vie de Jean de Lattre

2 septembre1944: le Général de Lattre à Montpellier
(collection Fondation Maréchal de Lattre)
Jean de Lattre de Tassigny Maréchal de France :
Jean de Lattre de Tassigny est né le 2 février 1889 en Vendée, à Mouilleron-en-Pareds, village natal de Georges Clémenceau.
Il est élève au collège Saint-Joseph de Poitiers de 1898 à 1904 puis à Paris, à l’Ecole de la rue de Vaugirard. Il passe son baccalauréat de philosophie avec succès puis prépare Saint-Cyr à l’Ecole Sainte-Geneviève de la rue des Postes. Il est admis, en 1908, 4ème sur 210 reçus à Saint Cyr, « Promotion Mauritanie » mais le règlement de l’époque l’oblige à servir un an comme homme de troupe.
Il s’engage au 29ème Dragons à Provins. Les deux années qu’il passe à Saint-Cyr le confortent dans sa vocation.
A sa sortie de Saint-Cyr, il effectue un stage à l’Ecole d’application de la cavalerie à Saumur et le termine sous-lieutenant. En 1912, il est affecté au 12ème Dragons à Pont à Mousson.
C’est en Lorraine qu’il commence la guerre de 1914. Dès le début du conflit, il se fait remarquer par sa bravoure.
Le 11 août, un éclat d’obus le blesse au genou, un mois plus tard, au cours d’une reconnaissance, il se heurte à une patrouille de cuirassiers bavarois. Il charge, sabre au clair. Il est gravement blessé d’un coup de lance à la poitrine mais parvient à se dégager. Son action lui vaudra la Légion d’Honneur, le 20 décembre 1914.
En 1915, il demande sa mutation dans l’infanterie. Il l’obtient au 93ème Régiment d’infanterie. Il est nommé capitaine et commande, sur le front, le 3ème Bataillon.
Après avoir été à Verdun et sur le Chemin des Dames, il termine la guerre avec cinq blessures, huit citations. Il a également reçu la Military Cross.
Après la guerre, il est envoyé à Bordeaux puis à Bayonne au 49ème Régiment d’infanterie. De 1921 à 1926, Jean de Lattre sert au Maroc sous les ordres de Lyautey. Il est blessé lors de la guerre du Rift et trois fois cité. Il est promu Chef de Bataillon en 1926 et fait officier de la Légion d’Honneur.
Le 22 mars 1927, il se marie avec Simonne Calary de Lamazière. De cette union naîtra leur fils Bernard, le 11 février 1928.
Le 5 novembre 1927, Jean de Lattre entre à l’Ecole de Guerre. Il en sort major de sa promotion.
De 1929 à 1931, il commande, au 5ème Régiment d’Infanterie, le bataillon détaché à Coulommiers.
De 1931 à 1935, il est à l’état-major de l’Armée puis à celui du général Weygand, vice-président du Conseil supérieur de la Guerre.
Le 24 juin 1935, il est promu colonel et reçoit le commandement du 151ème Régiment d’Infanterie à Metz.
En 1937-1938, il est élève au Centre des Hautes Etudes Militaires, « l’école des Maréchaux ».
Le 23 mars 1939, il est promu Général de Brigade.
Le 3 septembre, la France entre en guerre contre l’Allemagne, le Général de Lattre est alors chef d’Etat-major de la Cinquième Armée. Le 2 janvier 1940, il reçoit le commandement de la 14ème Division d’Infanterie. Il prend comme devise : « Ne pas subir ».
En juin 1940, il se bat à Rethel à la tête de la 14ème Division et repousse par trois fois les attaques allemandes. Mais la situation générale l’oblige à décrocher. Le Général de Lattre maintient la cohésion de sa Division, continue de se battre et de faire des prisonniers jusqu’à l’armistice.
En juin 1940, il se bat à Rethel à la tête de la 14ème Division et repousse par trois fois les attaques allemandes. Mais la situation générale l’oblige à décrocher. Le Général de Lattre maintient la cohésion de sa Division, continue de se battre et de faire des prisonniers jusqu’à l’armistice.
Après le 22 juin 1940 et la dissolution de la 14ème Division, le Général de Lattre n’a « qu’une hantise, celle de refaire une armée et restaurer l’espérance ».
Pour lui le temps de l’action résistante à l’occupant a déjà commencé : camoufler des armes, redonner de l’espoir à la jeunesse, former les cadres de la future armée de Libération, c’est le sens du serment qu’il prononce, en juillet 1940, devant un petit groupe d’officiers, dans la grande salle du château d’Opme, près de Clermont-Ferrand.
Dans le même temps il crée, sur la colline voisine la première école des cadres puis, en 1941, celle de Salammbô, lorsqu’il devient commandant supérieur des troupes en Tunisie. Il s’emploie à camoufler des armes et à établir un plan de mobilisation et de résistance en cas d’arrivée de l’Afrika Korps de Rommel engagé alors en Lybie contre les Anglais.
Le Général de Lattre est rappelé en France le 20 janvier 1942. Il est nommé Général de Corps d’Armée et commandant de la Division de Montpellier. Au moment du débarquement allié de novembre 1942, il tente en vain d’entraîner ses troupes pour combattre les Allemands qui ont envahi la zone dite « libre ».
Arrêté, condamné à 10 ans de prison, il s’évade de la prison de Riom et rejoint Londres où il se met à la disposition du Général de Gaulle (novembre 1943), qui le nomme Général d’Armée.
Le Général Giraud, alors commandant en Chef des Forces Françaises d’Afrique du Nord, le met à la tête de l’Armée B, embryon de la future Première Armée Française.
Il crée l’école des cadres de Douera, près d’Alger, afin de donner une cohésion à des troupes d’horizons divers.
Il réussit le miracle du premier « amalgame ». L’armée est instruite, équipée et entraînée selon des normes nouvelles.
En quelques mois elle est devenue une force solide, puissante et mue par la volonté de vaincre.
En juin 1944, il prend l’île d’Elbe, puis débarque le 15 août 1944 en Provence avec les Forces américaines.
Après regroupement, sous ses ordres, des quatre divisions du Corps Expéditionnaire Français qui, précédemment sous les ordres du Général Juin, se sont couvertes de gloire en Italie, ouvrant les portes de Rome aux Alliés, le Général de Lattre est à la tête d’une Armée forte de 256 000 hommes, répartis en deux divisions blindées et cinq divisions d’infanterie que renforcent de nombreux éléments non endivisionnés.
L’armée B libère Marseille et Toulon, en un temps record, puis remonte la vallée du Rhône, entre dans Lyon, Dijon.
L’Armée B, devient « Première Armée Française, le 25 septembre 1944, à Besançon.
Elle compte 400 000 hommes dont 130 000 Résistants unis par l’amalgame à l’armée régulière. Après les durs combats dans les Vosges et la prise de Belfort, elle sauve Strasbourg, libérée par la 2ème DB du général Leclerc, mais gravement menacée, en janvier 1945, par une contre-attaque allemande, (Opération « Norwind).
Enfin, le Général de Lattre, qui a sous ses ordres trois Corps d’Armée, dont un américain, parvient à réduire, en février 1945, la poche de Colmar.
Le 1er mars, les troupes françaises pénètrent dans le Palatinat et forcent la Ligne Siegfried. Le Général de Lattre, après avoir obtenu l’extension de sa zone d’armée jusqu’à Spire, donne l’ordre du franchissement du Rhin, ce qui est fait le 31 mars à Spire et à Germersheim. Les troupes françaises s’emparent le 4 avril de Karlsruhe.
Le 1er mars, les troupes françaises pénètrent dans le Palatinat et forcent la Ligne Siegfried. Le Général de Lattre, après avoir obtenu l’extension de sa zone d’armée jusqu’à Spire, donne l’ordre du franchissement du Rhin, ce qui est fait le 31 mars à Spire et à Germersheim. Les troupes françaises s’emparent le 4 avril de Karlsruhe.
Prenant à revers les défenses de la ligne Siegfried, le Général de Lattre entre dans Kehl, le 15 avril, et libère définitivement Strasbourg de toute menace.
Il poursuit ensuite son offensive vers Freudenstadt puis en deux directions divergentes vers Stuttgart, qu’il attaque par le sud et qui sera prise le 21 avril, et vers le Danube et la frontière suisse, coupant ainsi toute retraite aux défenseurs de la Forêt noire. Ulm est prise le 24 avril tandis que Constance est atteinte le 26. Les troupes françaises pénètrent en Autriche le 28 avril.
Le Général de Lattre, désigné par le Général de Gaulle, signe à Berlin, le 8 mai 1945, aux côtés des chefs alliés, l’acte de capitulation de l’Allemagne nazie.
Le 29 novembre 1945, le Général de Lattre est nommé Chef d’Etat-major général de l’Armée de Terre et Inspecteur général de l’Armée de Terre.
Le Général de Lattre devient en 1948 le premier commandant des forces terrestres d’Europe occidentale puis il est nommé, en 1950, Haut-Commissaire en Indochine et commandant en chef.
En quelques mois, le Général de Lattre accomplit un retournement militaire spectaculaire.
Dans le même temps il veut donner au Vietnam une armée nationale et commence à agir dans de nombreux domaines au bénéfice de toutes les populations qui forment l’Indochine malgré le contexte difficile du pays pris en tenaille dans la guerre froide.
Le 30 mai 1951, il perd son fils Bernard, jeune officier de 23 ans, tué à la tête de sa compagnie au cours d’un combat héroïque sur le rocher de Ninh-Binh, au Tonkin.
Mais le Général de Lattre, qui souffre de plus en plus d’un cancer de la hanche, doit rentrer en France le 24 novembre 1951.
Il meurt le 11 janvier 1952 à la clinique Maillot de Neuilly.
Il reçoit, à titre posthume, la dignité de Maréchal de France.
Après les obsèques nationales célébrées à Notre Dame de Paris, il est inhumé, le 18 janvier, dans le cimetière de Mouilleron-en-Pareds aux côtés de son fils.
La Maréchale, décédée le 3 juin 2003, y repose aux côtés de son mari et de son fils.
F. de Saint-Aubin
